Harcèlement scolaire – Briser la loi du silence

Ca commence doucement, par vague puis ça prend des proportions impressionnantes et ça démolit, ça brise, ça tue aussi parfois. Hier soir France 3 proposait une soirée film et débat sur le harcèlement à l’école.

Le film, dur et émouvant, montrait le parcours d’une jeune adolescente de treize ans, qui a vu sa vie basculer en quelques mois (brimades, insultes, cyber-harcèlement), jusqu’à mettre fin à ses jours et de celui de ses parents, qui se battent aujourd’hui pour toutes celles et ceux qui souffrent de ce harcèlement en silence, derrière les murs bétonnés de leur école, collège ou lycée.

J’ai déjà évoqué ce sujet sur le blog, en parlant du harcèlement que j’ai subi en primaire pendant quatre longues années. Quand cela devient quotidien, la vie prend des allures de « survie ». Ma chance c’est d’avoir pu en parler et d’avoir pu aussi partager le calvaire d’un de mes camarades de classe. Bien entendu, j’ai vite été cataloguée comme celle qui ne savait pas se défendre seule, mais qu’importe.  Je savais que j’avais le soutien de mes parents. Même si tous les instituteurs n’ont pas été à la hauteur (c’est une autre histoire). J’ai demandé à intégrer un autre collège que celui dont nous dépendions. J’ai subi encore pendant un an leur harcèlement, hors école, dans les transports en commun. A chaque fois, j’en parlais. Même la fois où ils m’ont coincée à quatre dans le hall de l’immeuble. J’étais terrorisée.

C’est ce silence que je combats activement. Car c’est lui qui finit par tout détruire : l’estime, l’amour-propre, l’amour de la vie, la vie tout court

L’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux a amplifié les choses. On le voyait très bien dans le téléfilm hier. Les jeunes insultent, s’insultent, se disent les pires horreurs du monde en ligne. Une fois face à face, ils disent « c’est rien », comme ci Internet faisait partie d’un autre ensemble, d’une bulle qui n’appartient pas à la réalité. Alors même qu’Internet est très ancré dans leur vie quotidienne. La mère de la jeune fille le dit très bien, « ce n’est pas un suicide, c’est un assassinat».

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Comment alors se sortir de cette spirale infernale ?

En en parlant. En donnant des pistes aux parents. En écoutant les enfants. On apprenant comment ça commence, comment se protéger. En apprenant aux enfants témoins du harcèlement d’un camarade d’en parler à un adulte, dans ou hors de l’école. En protégeant la vie des jeunes sur les réseaux sociaux. En mettant les harceleurs en face de leurs responsabilités et de l’impact de leur violence sur la vie des autres. En en parlant avec nos enfants, à la maison, en les sensibilisant à ce mal, en leur apprenant les valeurs telles que le respect et la tolérance.

En accompagnant les jeunes victimes et les agresseurs aussi. En posant les bases d’une vie en communauté. En insistant sur le fait que le recours à toute forme de violence est un crime. Certains ont encore tendance à l’oublier…

Et vous, avez-vous été victime de harcèlement par le passé ? Comment l’avez-vous vécu ? Avez-vous pu en parler ? Que préconisez-vous pour sortir de ce cercle vicieux qui touche 1 jeune sur 10 encore aujourd’hui ?

Crédit Image

Sauter le pas – Bilan & Remerciements

Il y a quelques mois, je vous faisais part de la sortie de mon second recueil de poésie « ils avaient un prénom » (disponible sur le site The Book Edition, pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore acheté ou lu) en souvenir des victimes des attentats de Paris en novembre 2015. Depuis notre beau pays et d’autres ont été touchés par des actes semblables, sanglants. Et les mêmes mots tournent en boucle dans nos esprits tantôt tourmentés, tantôt pleins d’espérance.

Dans le mail qui vous présentait mon travail, il y avait ces quelques mots d’introduction:

Du bruit. Beaucoup. Beaucoup trop.
Le silence. Inquiétant. Des cris. Des sirènes.
La nuit qui traîne.
Les écrans qui clignotent sans s’arrêter.
Les corps qui tremblent.
Les mains qui cherchent à s’accrocher à quelque chose de tangible, de familier.
La vie qui s’emballe
Quand chez d’autres le cœur lâche.
      
Vite un stylo. Ecrire. Un impératif
Un sanglot dans le noir. Le chaos.
Puis l’espoir.
Ecrire. Une évidence. Le cœur en friche.
En plein brouillard. Chuter.
Puis y croire
      
Les mots s’apprivoisent
Au bout de mes doigts impatients
Ils se chamaillent, Se font bruyants.
Les mots s’acharnent sur ce qu’il me reste de substance
Ils me désarment, pointent du doigt l’urgence.
      
Le résultat est là. Il glisse entre mes doigts.
Je le regarde émue, fière, stupéfaite.
Fruit de 6 mois de travail, de peur contenue
D’insomnies, de trajets engourdis
De virages pris pour ne pas laisser la haine
Entacher mes espoirs.
     
Il est là. Je vous le confie
Prenez en soin
Autant que de la vie !

Au total, ce sont 60 livres  vendus et 190€ de bénéfices, à ce jour, versés au profit de l’association Imad Ibn Ziaten (pour la Jeunesse et la Paix).

Votre engagement à mes côtés pour cette cause prouve que nous sommes nombreux à souhaiter nous investir pour créer un monde plus juste et harmonieux. Cela donne ou redonne foi en l’humain et en la vie.

Du fond du cœur, je vous dis:

blog_merci

PS: Restez connectés, je vous prépare deux recueils « surprise », un pour le mois d’octobre et un deuxième qui devrait voir le jour début 2017 (avec une collaboration toute douce). Avant de m’attaquer à mon pavé autobiographique…

Les états d’esprit du vendredi 23.09.2016

C’est vendredi et l’heure de rejoindre le rendez-vous « les états d’esprit » avec Zenopia et The Postman. Pour participer c’est simple: copier le formulaire – noter l’heure de début et de fin – laisser un commentaire sur leurs blogs respectifs pour la mise à jour des participations et le tour est joué. C’est parti:

Vendredi [15h00]

Fatigue : peu présente (je me couche plus tôt, c’est sûrement ça !)

Humeur : plutôt bonne

Estomac : a envie d’un thé et d’un peu de brioche

Cond. phys. : 15 minutes de marche par jour (et piscine dimanche)

Esprit : chamboulé

Boulot : sans patron aujourd’hui

Culture : des histoires de loups qui mangent les enfants qui ne sont pas sages et des histoires d’enfants qui ne veulent pas aller à l’école mais qui au final s’amusent bien!

Penser à : accélérer la cadence pour terminer ma couverture tricotée (le bout de chou est né!)

Avis perso : rien ne sert de prévenir quand vous entrez à la maternité – l’annonce de la naissance suffit (et ça évite aussi les heures de stress et de ??? quand on ne reçoit aucune nouvelle après 24h)

Loulou : aime l’école, pleure encore un peu le matin, veut puis ne veut pas s’habiller tout seul, est acrobate

Msg perso : (1) vous êtes des amours (2) il est né ! (3) ça servait à rien de faire du zèle au boulot pour finir en observation à l’hôpital…

Amitiés : ont des bébés, font de la lessive maison , m’écoutent et me comprennent

Love: un jour…

Sorties : ce soir, demain et vendredi prochain

Divers : ça servait à rien de me demander mes préférences pour le 1% logement si c’est pour me proposer des studios et en plus à l’autre bout de Paris.

Courses: des yaourts aux fruits pour Loulou et du miel pour la bonne cause

Envie de : bosser sur mon idée de recueil de poèmes en anglais (vous devinez le thème ?)

‘zic : Jean Ferrat (sur choix de Loulou)

Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Vendredi [15h14]

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Ce lien invisible qui nous lie

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Je marche dans la ville, côtoie au jour le jour tant de personnes différentes. Sur chaque visage je lis quelques bribes de vie. Certaines se laissent découvrir, quand d’autres cachent si bien les larmes qui les surprennent en pleine nuit ou les appels au secours.

J’admire ceux et celles qui s’offrent à vif, sans secret, celles qui parlent de tout sans chichi. J’ai toujours voulu garder au fond de moi un peu de ce quelque chose d’intime, une part de mystère. Pour ne me révéler entièrement qu’à celles et ceux qui auraient le courage de s’aventurer davantage dans le sillage de mon parfum.

Je les admire car c’est en étant vulnérable qu’on se donne vraiment, sans fausse vérité, sans jugement. C’est aussi une manière de s’aimer sans voile pour cacher nos silences, une façon d’offrir une chance aux autres de nous venir en aide, de tendre une main, sûre et pleine d’amour. Puisque nous sommes les premiers à partager notre amitié, pourquoi nous fermons-nous aux autres dès lors que vient leur tour de nous soutenir, de nous protéger.

J’ai appris au fil du temps à lâcher prise, à ne plus être cette jeune femme énigmatique, qu’on regarde de loin, en se demandant ce qu’elle cache si bien en son sein. J’offre davantage d’opportunités à ceux qui m’entourent, de m’entourer d’affection, de panser mes plaies, avec moi, à l’unisson.

Se dire, s’écrire sans tabou c’est aussi une manière de rencontrer l’autre dans sa vérité profonde, sans faux-semblant. Et au creux de nos angoisses, de nos cicatrices partagées, de nos maux ou de nos doutes exposés, retrouver le lien invisible qui nous lie.

Qui es-tu pour me juger?

Tu as sous-entendu que je maltraitais mon enfant.

Tu as cru bon de me dire qu’il était trop gâté.

Tu dis que tout est de ma faute, que je vous pourris la vie.

Very angry hysterical woman

Mais qui es-tu, toi, ex-conjoint, père, anonyme pour me juger ?

N’es-tu pas là plutôt pour me soutenir, me soulager, dans mon rôle de mère à temps plein, qui ne peut rien déléguer, ni le bain, ni le coucher, ni les weekends qui s’éternisent, ni les crises, ni les colères ?

N’es-tu pas là pour me dire que tu comprends, que tu entends ma souffrance, que tu vas m’aider, quand je perds mes moyens, quand je suis à cran et que ni mes cris, ni ma patience ne servent à rien pour calmer mon enfant qui se croit tout-puissant ?

Qui es-tu pour me dire que je fais mal, que si mon enfant réagit comme ceci ou comme cela, c’est que quelque chose cloche chez moi ?

N’es-tu pas là pour m’offrir une heure par semaine pour respirer, pour exister en tant que personne ?

Qui es-tu pour me dire que je ne referais pas ma vie avec un enfant aussi terrible ou pour m’intimer l’ordre d’aller consulter un pédopsychiatre, tout ça parce qu’il a fait une crise à table pour ne pas manger (comme des tas d’enfants de son âge) ?

Oui, qui es-tu, toi, pour me dénigrer, m’imposer ta vision des choses, pour me condamner parce qu’à bout de souffle, la claque est partie, sans intention de la donner ?

N’es-tu pas là pour m’aider à l’élever cet enfant, à faire de lui un jeune homme respectueux et heureux ?

Crois-tu sincèrement qu’en me manquant de respect constamment, en m’accusant du pire, je vais y arriver ?

A moins que tu n’attendes qu’une chose, que je plonge, comme tant de mères autour de moi, au bout du rouleau…

Ce billet fait suite à un weekend particulièrement difficile à la maison avec un petit garçon qui a enchainé cris, coups, colères et une maman qui a craqué plus d’une fois (en se sentant la pire mère du monde) et qui n’aspire qu’à une chose, un peu de temps pour faire le vide et sécher ses larmes. (aucun commentaire porteur d’un quelconque jugement ne sera accepté sur cet article – merci)

Livres du hasard

J’ai pris un livre, au hasard. Une couverture qui attire le regard, un nom ou quelques mots qui s’accordent bien. Quelques minutes à peine, avant de m’engager dans les couloirs du métro. Un moment incertain face à l’étendue des ouvrages qui peuplent la bibliothèque. En temps normal, je dissèque chaque quatrième de couverture ou bien j’y vais avec une longue liste de titres glanés ici et là. J’arpente longtemps les allées, à la recherche de la perle rare.

J’ai pris deux livres, au hasard. Sans retour en arrière. Je ne connais rien à l’histoire. Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur. Une fantaisie que j’ose pour la première fois. Je pars à la découverte de tout autre chose, loin des sentiers empruntés par d’autres. Je teste une nouvelle façon de voir le monde, je lâche prise, avec cette envie bien accrochée de me laisser surprendre par un style, un voyage, un héros ou une héroïne, dont j’ignore le nom.

Mes deux livres sous le bras, je m’assois dans la rame, direction la maison. Je prends le premier dans mes mains. Je le regarde avec un peu d’appréhension, comme si je me trouvais en face d’un homme qui me fait de l’œil et que j’aurais envie d’approcher, sans savoir comment engager la conversation. Je me plonge dans ce roman, vierge de tout avis, ouverture à toute proposition.

Dites-moi, avez-vous déjà fait ça, emprunté ou acheté des livres au hasard, sans savoir de quoi ils parlaient ? Si non, seriez-vous tentés par l’expérience ?

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