La femme en moi

J’avais tout perdu. J’avais tout à reconquérir. Tout à apprendre.

J’ai retrouvé le chemin vers moi. Doucement.

J’ai repris des forces. Négligeant certains aspects de ma vie.

J’ai appris à être mère. Douloureusement.

Je tente jour après jour de me pardonner, de lui pardonner, de passer à autre chose.

J’avance. Je recule. Je me perds. Je culpabilise. Je sors la tête de l’eau. Je repars. Je suis une maman épanouie, une femme qui se cherche.

Je n’ai plus confiance. En moi. En l’autre.

J’apprends à m’aimer. Délicatement. A mon rythme.

Mon corps de femme est amputé. Il se cache derrière des robes amples, des pantalons larges, des t-shirts sans forme.

Mon corps a mal. Il se souvient: la honte, le dégoût, la peur.

La nudité m’angoisse.

Pourtant aujourd’hui je me sens prête à ouvrir à nouveau mon cœur.

0a6211570a0c9dc3c627729b6304f6c7_resized

Pour cela, il faut que je laisse tomber l’armure, que je me fasse confiance, que j’arrête de me protéger, que je me laisse une chance, que j’accepte mon corps, ma féminité, que j’accepte qu’une autre personne prenne soin de moi, s’intéresse à moi, m’aime pour ce que je suis, que je me pardonne (à défaut d’arriver à lui pardonner cela en particulier) . Le travail semble interminable.

Et pourtant chaque jour qui passe, je construis. Sur des bases solides. Mon. Notre avenir.

Ma manière d’être au monde

J’écris la vie. Pour oublier la peur. J’écris le jour, la lumière pour oublier la nuit. J’écris les belles images pour oublier la brûlure de celles qui hantent mes cauchemars.

Je dis le beau pour oublier ce qui me fait trembler.  Je dis la paix pour oublier le froid des armes, le silence qui suit la menace.

Je cherche au fond de chaque âme un semblant de moi,comme pour me rassurer.  Je cherche l’amour sans accepter d’en recevoir.

Je place des barrières entre le monde et moi pour me protéger de sa folie, pour qu’il ne vienne pas mettre à mal mes idéaux, ma foi en la vie.

Je pense à ce qu’il y a eu avant lui, ce qu’il a détruit. Je pense à mon corps qu’il a consommé, à mon cœur qu’il a piétiné.

J’écris l’oubli en regardant mes cicatrices que je garde sous scellé.  J’écris les pas que j’ose dans le vide sans mentionner les larmes qui suivent, qui me font douter.

J’écris, ma manière d’être au monde. Chacun ses failles, ses blessures à digérer.

1c0f9a680770ec1fc4a2d6e7ee19ed89

 

 

Les états d’esprit du vendredi 26.08.2016

Les vacances furent bonnes, généreuses. On reprend le collier tout en douceur et on retrouve avec plaisir le rendez-vous « les états d’esprit » avec Zenopia et The Postman. Pour participer c’est simple: copier le formulaire – noter l’heure de début et de fin – laisser un commentaire sur leurs blogs respectifs pour la mise à jour des participations et le tour est joué. C’est parti:

Vendredi [14h37]

Fatigue : légère (je reviens de vacances quand même !)

Humeur : au beau fixe

Estomac : bien rempli

Cond. phys. : difficile de faire du sport sous 35°

Esprit : dans le brouillard

Boulot : reprise calme

Culture : partition amoureuse de Tatiana de Rosnay

Penser à : réserver une soirée en solo pour aller voir le nouveau Bridget Jones (Sortie le 05.10)

Avis perso : c’est dur de trouver sa voie – ou d’écouter son cœur – ou de savoir où aller et d’être patient et de lâcher prise.

Loulou : profite de ses derniers jours à la mer, aime les cartes postales, refuse de dire bonjour, n’aime pas me partager (ça promet !)

Msg perso : (1) je suis heureuse de vous retrouver (2) je porte un cœur sur mon cœur (Merci pour ce beau collier)

Amitiés : préparent la rentrée ou leurs vacances

Love: tourner la page

Sorties : ce soir et dimanche

Divers : pas mal de recettes à tester ce weekend

Courses: le marché demain matin – faire le plein de fruits et de légumes

Envie de : fraicheur…

‘zic : France Gall en ce moment

Vendredi [14h51]

happy-friday-fb-300x300

Le doux goût des vacances

Laisser passer le temps et les heures, sans regard sur la montre, déposée sur la table de chevet.

Laisser les heures défiler, sans n’en retenir aucune, les remplir de vie, de jeux, de rires, d’échanges, de câlins, de parties de foot pieds nus dans le jardin.

Prendre le vélo et partir à la redécouverte des routes si souvent empruntées, seule ou à plusieurs, encore pleines de nos rêves d’adolescentes, de nos palabres entre deux fous rires.

Hisser petit loup derrière soi et s’évader au rythme de mélodies qui se chantent à deux.

Longer la mer, la regarder aller et venir, sentir les embruns nous fouetter le visage, par temps de grand vent et son odeur nous chatouiller les narines, écouter sans se lasser les vagues caresser le sable fin.

Regarder petit loup s’amuser avec un rien, des jeux dénichés au grenier, des poupées bien habillées, ramasser des coquillages, tremper ses petits pieds dans l’eau, avoir peur, puis s’avancer davantage, foncer dans mes bras et déposer au cœur de mon cou des baisers gorgés d’eau salée.

20160820_094554_resized

Partager des moments en famille, déjeuners qui s’éternisent, dîners pris au grand air, les yeux tournés vers la mer.

Echanger avec des amis, retrouver cousins et cousines autour d’un pique-nique sur la plage, regarder nos enfants s’essayer à la vie, se regarder de loin, avant de jouer ensemble à construire des châteaux, des barrages.

Marcher pieds nus sur l’herbe fraîche ou sur le tapis ensoleillé. Eviter le sable en fin de journée, brûlant.

Etendre le linge au fond du jardin, un instant volé au tumulte de la maison, qui grouille de monde, d’envies, de doutes, de déceptions aussi parfois. Moment solitaire rempli de chansons inventées, de prières livrées au vent, de remerciements.

Partir à l’aventure, prendre un car, un train, découvrir un autre univers, revoir des amis chers, partager un bon repas, regarder petit loup se sentir plus à l’aise et apprécier ces moments passés ensemble loin de tout ce qui parfois bloque notre respiration, la joie qui vibre à l’intérieur de nous.

Contempler la nature, belle, resplendissante.

Passer au cimetière déposer une fleur, à l’église allumer un cierge, au marché pour retrouver le goût de la brioche bien dorée de notre enfance.

Revoir des visages, échanger des nouvelles, évoquer « avant » les yeux pétillants, se souvenir, créer de nouvelles images pour demain, se sentir bien, en harmonie.

Souffler. Et vivre.

De moi à toi

Je les ai posés, là, sur le papier, ces mots brûlants, gardés en moi depuis longtemps. Je les ai laissés filer entre mes doigts, consciente de l’impact qu’ils pouvaient avoir, une fois la touche « envoyer » frappée du poids de tous mes sentiments libérés.

J’ai remonté le fil du temps, des souvenirs épars. J’ai été frappée par la jeunesse de nos visages, par la bienveillance d’un regard, par cette idée d’être bien, d’être moi, avec toi, dans les couloirs du métro parisien. Parenthèse enchantée dans ma vie solitaire. Frappée par nos choix, inadaptés parfois. Frappée par tout ce qu’on refuse de voir, l’évidence qu’on écarte, par peur de se faire du mal. Frappée par ces chemins que l’on emprunte, certains d’arriver à mener notre barque sans blesser les autres. Frappée par l’échec qui s’infiltre et brise les maigres espoirs qui nous font tenir.

Je me suis souvenue d’une première lettre, écrite, le cœur en transit, gardée sur un disque dur, dans un dossier maintes fois ouvert et refermé, pensant que mes sentiments finiraient par faire moins de bruit. Ne pas te voir pour ne pas raviver la flamme.

J’ai osé, cet été, te dire tout ça. Tout en sachant que tu as ta vie, ta famille. Et que je n’ai aucun droit d’envoyer valser tout ce en quoi tu crois.

730b9d246a9d32f839b4e00390d2b8c6_resized

Me libérer de tout, d’un coup. Ouvrir les vannes pour me donner une chance de dissiper ce malaise qui me saisit chaque fois qu’au cours d’une conversation, on évoque ton nom ou bien ce sourire de circonstance que j’arbore pour me donner de la contenance, pour que personne ne voit le chamboulement à l’intérieur de moi.

Couper les liens qui m’attachent à un avenir imaginaire. Et en quelques lignes nous rendre notre liberté.